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Le Tuishou : principes et techniques de l’entraînement au combat en Tai Chi Chuan

Le Tushui est une technique issue du tai chi chuan. Elle consiste à pousser l’adversaire avec les mains de façon à le déséquilibrer. Elle constitue une préparation aux enchaînements à mains nus ainsi qu’aux combats. Le Tuishou se pratique également sous la forme de compétitions. 

Définition 

L’étymologie du mot Tuishou signifie “Se pousser (Tui) avec les mains (Shou)”. Cet exercice de Tai Chi est aussi connu sous le nom de Kashou, signifiant “se frotter (ka) les mains (shou)”, ou bien dashou, “se battre (da) avec les mains (shou)”.

Le Tuishou est aujourd’hui le terme retenu pour désigner cette technique, popularisée par le “Style Yang” en Tai Chi Chuan. 

Le Tuishou s’inscrit dans une démarche de connaissance de soi et de l’autre propre au Tai Chi. Cet exercice intervient dans une deuxième phase de l’apprentissage du Tai Chi, celle de  l’entraînement à la connaissance de l’autre. 

Cet art martial est une préparation au combat libre (Sanshou) par l’entraînement au corps-à-corps. 

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Origines du Tuishou

Le Tuishou provient du style spécifique de Tai Chi Chuan: le style Chen. Il a été créé par Chen Wangting (1600-1680), fondateur de l’école Chen de Tai Chi Chuan. La légende raconte que Chen avait mis au point des méthodes de poussée des mains. D’autres écoles de Tai Chi attribuent l’invention de la poussée des mains à Zhang Sanfeng.

Dans l’histoire récente, le fait de pousser les mains a été intégré aux grandes compétitions chinoises de Kung Fu, en particulier celles qui étaient consacrées aux arts internes. La technique de poussée des mains est ainsi passée du statut de pratique énergétique à un véritable sport de combat.

Les 8 techniques du Tuishou ( 8 portes )

La pratique du Tai Chi se caractérise par l’utilisation de deux forces principales : 

  • Pengjing. Il s’agit de la force d’expansion, d’ouverture.
  • Lüjing. Il s’agit de la force de compression, de fermeture. 

A partir de ces deux forces principales naissant 4 forces principales : 

  • Pengjing. Cette force consiste en une extension du bras vers l’avant afin de dévier le mouvement de l’adversaire
  • Lüjing. Il s’agit d’une force de flexion, comme par exemple tirer le bras de l’adversaire vers soi. 
  • Jijing. Il s’agit d’un mouvement utilisant les deux bras afin de contrecarrer le mouvement de l’adversaire 
  • Anjing. Cette force consiste en une extension de notre bras en direction du sol.
  • Caijing. Il s’agit de saisir puis tordre dans un mouvement vif le bras ou poignet de l’adversaire. 
  • Liejing. Ce mouvement est une extension du bras rapide sur une distance courte, visant un point vital de l’adversaire. 
  • Zhoujing. Cette force  mobilise le coude afin de frapper, parer ou projeter l’adversaire. 
  • Kaojing. Enfin cette force vise à mobiliser l’épaule de façon à projeter, ou déséquilibrer l’adversaire.

Les 8 forces s’enchaînent et s’auto alimentent de façon fluide. A partir de ces forces peuvent naître un multitude d’autres forces, pouvant être mobilisées lors du combat libre.

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Les cinq pas. 

La techniques des 8 portes du Tuishou est combinée au cinq pas, les cinq pas étant associés à la fois à une des 5 directions (le sud, le nord, l’Ouest, l’est et le centre) et aux cinq éléments : 

  • Avancer ( Jin) 
  • Reculer ( Tui) 
  • Déplacement latérale vers la droite ( Gu ) 
  • Déplacement latérale vers la gauche ( Pan )
  • Positionnement au centre ( Ding ) 

Les exercices de Tuishou pour débuter 

Le Tuishou est constitué de 5 exercices de base. Tout d’abord il s’agit de s’exercer aux mouvements de poussée – tirée des mains. Au départ il est préférable de pratiquer à une main sans ajouter de pas, puis lorsqu’on est à l’aise il est possible d’ajouter la seconde main. Ensuite on ajoute un pas, puis on travaille l’enracinement puis les déplacements circulaires. 

Voici les cinq principaux exercices pratiqués en Tuishou :

  • Wanhua. Il s’agit de mouvements des mains décrivant des arabesques.
  • Dingbu. Ici la poussée des mains s’effectue en restant au centre.
  • Huobu. L’exercice suivant est proche du Huobu. Il consiste à allier la poussée des mains à des déplacements d’avant en arrière. 
  • Dalu. Cet exercice est similaire au précédent à la différence qu’il se pratique dans une position de base plus basse.
  • Huajiaobu. Enfin cet exercice est similaire au Huobo à la différence que la poussée des mains s’effectue avec un déplacement linéaire.

Les principes du Tuishou 

En dehors des principes théoriques de base, le tuishou est régi par un certain nombre de principes également valables dans le Kung Fu ou le Wushu. Tout d’abord le praticien en Tuishou ne doit pas s’opposer à la force de l’adversaire. Au contraire, il doit utiliser la force de son adversaire afin de la transformer.

La force au cours de l’exercice est transformée. Le praticien n’a juste qu’à “laisser faire”, “laisser agir”, de façon à lever la méfiance de l’adversaire. 

De façon à tirer parti de la force de l’adversaire, il s’agit de cacher ses intentions de façon à ne pas éveiller de soupçon. 

La notion du yin-yang, symbolisant la complémentarité et l’alternance se manifeste dans les mouvements. C’est en épousant ce principe d’alternance que l’on peut gagner le combat. 

Ainsi lorsque l’adversaire fait preuve de dureté, il faut faire preuve de souplesse. Au fil de l’expérience, le praticien développe une intelligence du mouvement, permettant de ne plus avoir à réfléchir lors de l’exercice. 

Les bienfaits du Tuishou sur la santé 

Le Tuishou comprend les même bénéfices pour la santé que le Tai Chi Chuan. Il favorise :

  • L’amélioration de l’équilibre et de la coordination
  • La circulation énergétique et sanguine
  • Le développement de la souplesse
  • L’abaissement de la pression sanguine
  • Le bien-être et l’harmonisation

De plus, le Tuishou  aide les personnes ayant des problèmes de confiance, de colère, de mauvaises relations et même des traumatismes passés.

Le Tuishou aide votre corps et votre esprit à faire face aux situations conflictuels. Il vous permet de retrouver vos habitudes de résolution de conflits physiques, qui à leur tour vous aident à changer vos habitudes de résolution de conflits émotionnels.

Les pratiques d’enracinement favorisent le centrage et renforcent la confiance en soi. Elle aident à retrouver une meilleure assise dans la vie. 

Les compétitions de Tuishou

Il existe des compétitions de Tuishou dans le monde entier. Les praticiens s’affrontent dans différentes catégories en fonction de leur poids. Le but du combat est de déséquilibrer l’adversaire. Les points sont comptabilisés par un arbitre suivant un barème spécifique évaluant les types de déséquilibres. Voici les différents types de compétition de Tuishou:

  • Libre. Cette forme de Tuishou est davantage violente que les autres. Elle autorise les balayages ainsi que les projections.
  • Pas fixe tai chi chuan. Ici les participants doivent conserver la position des pieds. Le perdant est celui qui bouge ses pieds le premier.
  • Mobile. Ici les pas des participants sont mobiles. 
  • Tui Shou Yi Quan Competition. Dans cette forme l’ensemble du corps est mobile. Cette technique est proche de la forme originelle du yiquan.

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